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Nier

Développeur : Cavia

Genre : Action-RPG

Support : Xbox360, PS3

Date de sortie : 23 Avril 2010

Suite à l'annonce du remaster de Nier et l'effervescence de bonne ondes vis à vis du jeu, voici ma petite contribution critique sur le jeu. Le studio Cavia, à ne pas confondre avec le caviar car on y est pas vraiment, a eu la bonne idée d'introduire la véritable fin et le vrai sens du jeu via le New Game Plus. Le est jeu est donc franchement passable ? Que malgré la vraie fin, il vous laissera un goût amer dans la bouche ? C'est le genre à vous faire pleurer du sang ? Je vous propose d'en discuter avec quelques antidépresseurs dans le test qui suit.

On commence le jeu par un tuto, youpi. Non mais un tuto qui a de la gueule quand même ! Une ville dévastée, un homme mystérieux et encapuchonné va voir sa fille malade dans un vieux magasin en ruine, car il doit la protéger contre des créatures sans savoir ce qu'elles nous veulent. On commence avec tout les "pouvoirs" qu'on apprends à utiliser, on prends en main le système de combats, on remarque aussi qu'il n'y a pas moyen de verrouiller les ennemis, on peste un peu, mais malgré tout, on s'amuse. Puis hop, c'est fini, on te fait une petite ellipse de quelques centaines/milliers d'années, le monde contemporain laisse place à de l'Heroic fantasy hyper banale et c'est le début de Nier.

Je comprends, ça ne donne pas envie comme ça, mais j'ai ressenti le jeu de cette manière. Le jeu est visuellement banal, ça manque de punch, bien que l'ensemble va bien évoluer à mesure que vous avancez dans l'aventure. Malheureusement, ce n'est pas tout de suite. Vous allez parcourir au début cliché sur cliché des jeux vidéo RPG occidentaux/japonais. Par exemple, vous avez le village où les gens vont se plaindre de la menace extérieure, que la vie est dur, etc. Même les quêtes que votre héros sera ravi d'accepter en masse (il est d'ailleurs moqué par un des personnages que vous rencontrerez durant l'aventure) sont d'une banalité affligeante, "va tuer du mouton, on a besoin de viande", "va récupérer des plantes pour guérir mon papi de sa maladie", va ceci va cela. On est clairement un héros type qui fait tout pour tout le monde. Il y a un réel manque de personnalité et c'est un peu dommage au vu du scénario que l'on va découvrir.

Car oui il y a quand même un fil rouge qui nous pousse à aller au-delà de cet enrobage plutôt pourris. Une histoire, une narration, un scénario qui m'a personnellement touché. On fait des rencontres qui nous prouve qu'on ne perd pas notre temps. D'ailleurs, j'ai pour cela abandonné les quêtes secondaires un peu avant la moitié du jeu tellement elles hachaient le rythme de la trame principale et commençait à me rendre dépressif. Et en dehors d'une ou deux quêtes qui étoffait des personnages ou avait sa petite histoire touchante, les autres seront plus vite oublié que le temps nécessaire pour les accomplir.

Mais du coup, ça parle de quoi Nier ? D'un père soucieux de sa fille atteinte d'une étrange maladie qui se nomme la nécrose runique. Pour pouvoir la soigner, il va faire des petits boulots et suivre les indications d'une cheffe du village nommé Devola ou de sa sœur jumelle Popola, bref l'une ou l'autre. Petit à petit, il va rencontrer de nouveaux lieux et personnages, à commencer par le Grimoire Weiss. C'est un grimoire qui vole et parle, très sage dans ses paroles et envoie régulièrement des piques à notre héros ou aux autres protagonistes qui vont nous suivre. À l'instar de Kainé, une jeune femme très vulgaire et un peu dévêtue, encore à ce jour ne sais pas pourquoi elle est habillée de la sorte. Ou encore Emile, un jeune garçon vivant dans un manoir. D'apparence classique, on sent malgré tout, une réelle épaisseur dans les personnages, bien qu'elle ne soit pas révélée tout de suite. Le jeu propose comme je l'ai indiqué en introduction un "New Game +". C'est un mod permettant de refaire le jeu en gardant votre niveau, votre équipement, mais va surtout vous permettre d'avoir des dialogues supplémentaires et une "nouvelle fin". Autant dire que c'est le genre de choses qui m'agace un peu sachant que je suis presque obligé de refaire ces nouvelles parties pour profiter de la réel profondeur du jeu, car il y en a 4 différentes. Je reparle de ces fins alternative/supplémentaires à la fin de la critique.

Nier Grimoire Weiss

Passons à la partie visuelle où j'avais déjà exposé le côté hyper banal du début du jeu avec de l'Heroic fantasy. En passant du design des armures, aux environnements ou encore les personnages secondaires qui manquent de personnalité. Histoire d'en rajouter un peu plus, la technique est plutôt à la masse, pour un jeu sorti en 2010, on a plus l'impression d'être en 2006. Les modèles 3D sont simples, l'aliasing est omniprésent, les environnements manquent de finitions et de détails. Pourtant, comme pour le reste, il faut attendre d'avancer un peu dans le jeu pour commencer à voir des choses intéressantes. Il y aura ce village parfaitement curieux à l'architecture atypique avec ces personnages qui le sont tout autant, cette tour que vous serez amené à visiter quelques fois (beaucoup de fois) ou encore cette ville portuaire que vous visiterez très peu. Au niveau du design des ennemis, ils sont peu nombreux et sont à la manière du reste, à moitié intéressant. Vous aurez des "ombres" avec un visuel de rune qui parcourt leur corps qui est intéressant d'un côté, et de l'autre vous aurez des robots qui ressemblent à de grosses boites. On est sur un constat mitigé pour ma part.

Heureusement que la partie sonore est là pour rattraper le tout, avec des bruitages de bonnes factures, des doublages anglais convaincant, et même le langage d'un peuple (dont je ne sais pas si c'est une langue connue) est crédible. De manière générale, les bruitages font bien leur travail, mais ce qui va retenir le plus notre attention sera la musique. Un véritable orchestre se plongera dans vos oreilles, les chœurs, tantôt masculins, tantôt féminins rajoute un côté presque religieux/mystique et donne de la cohérence à l'ensemble et encore plus une fois arrivé à la fin...

À ce stade de la critique, on est plus sur un bilan mitigé que bon. Mais c'est quand on décide presque de lâcher à la moitié du jeu qu'on vous bouscule. En effet, il y a un événement particulier qui va faire avancer sérieusement l'intrigue, donner plus d'épaisseur au personnage principal et nous donner envie d'en savoir plus. Le personnage va pouvoir manier deux autres types d'armes. J'ai trouvé que la seconde moitié se jouait plus facilement sans pour autant être plus courte, drôle de sensation que de jouer à quelque chose d'intéressant hein ? Bref, on arrive après sur la toute dernière partie du jeu et la, c'est le bordel. Les développeurs se décident enfin à nous balancer de la révélation, du plot twist. Et quand ils le font, ce n'est pas à moitié et ça fait plaisir. Vous devez sûrement vous demander de quoi je parle depuis tout le long de cette critique. Je suis volontairement évasif et peu précis sur les événements, car je pense que c'est un jeu qui mérite clairement d'être fait. C'est un peu à la manière du film Sixième Sens de Night Shyamalan où toute l'intrigue repose sur ce twist final. Mais ce n'est pas tout, car le jeu une fois terminé, on se dit que c'était au final sympa. Sauf que le jeu nous invite à refaire une partie avec la sauvegarde actuel pour débloquer une nouvelle fin.

Et là, on recommence, mais direct à la seconde partie du jeu. Un choix des développeurs totalement justifié et plutôt salvateur, nous évitant de se retaper 4 fois l'horrible première partie. Il y n'a malheureusement pas que du bon, car avant de vraiment commencer cette nouvelle partie, on va se taper du gros texte à l'écran en guise d'histoire pendant une bonne demi-heure. Ce gros texte est "nécessaire" pour comprendre le passé d'un des protagonistes qui nous accompagne et explique son caractère. Au niveau exécution, il y avait clairement moyen de le raconter autrement, par exemple avec des illustrations et des animations simples. En tout cas comme première mise en bouche pour le New Game + autant dire que c'est un peu lourd. Mais en dehors d'une intro à mourir, que rajoute donc ce New Game + ? Il va rajouter des voix aux ennemis qu'on combat, les ombres. Des cinématiques vont se rajouter et complète celle existante en donnant de l'épaisseur aux boss. On commence à plus comprendre et analyser différemment le monde qui nous entoure. Le jeu aura fait l'exploit de nous retourner le cerveau, et ce, de manière très habile. Et là, on remerciera d'autant plus les développeurs de nous avoir fait recommencer qu'à la seconde partie pour vraiment en profiter.

On arrive ensuite à la fin du jeu qui nous donne de nouvelles cinématiques qui sont sympa et nous fait interroger sur le personnage qu'on contrôle. On découvre d'ailleurs avec surprise une petite scène qui se passe dans le désert, je n'en dirais pas plus, mais j'ai trouvé dommage qu'elle nous mettais plus en suspend qu'autre chose (peut-être que ce sera exploité dans Nier Automata, je vous en parlerais dans la critique dédié si c'est le cas). Le jeu nous invite ensuite à atteindre les fins C et D qui demande d'avoir toutes les armes du jeu pour y arriver. Il y a juste aucune justification scénaristique pour nous infliger de devoir rechercher toutes les armes du jeu si ce n'est nous garder plus longtemps dessus, c'est dommage. Bien évidemment si vous les aviez déjà toute récupéré avant vous n'aurez pas à le refaire. Le reste du jeu est inchangé, toujours la même intro de texte, les même cinématiques en plus et dialogues. Le tout résidera dans ces fameuses deux dernières fin qui sont en fait un choix sur la toute fin. Les deux choix sont intéressants à faire et vont questionner un peu votre moral. J'aurais franchement apprécié même si je m'attendais à un truc plus fou pour la fin D. Au final le jeu m'aura tenu une quarantaine d'heures pour avoir toutes les fins, sachant que la première fin est atteinte au alentour de 20/25 heures.

Mais du coup concrètement que penser de Nier ? C'est compliquer à dire. Dans sa globalité, je suis content d'avoir participé à cette aventure, d'avoir ressenti différentes émotions et découvert une création vraiment personnelle. On le ressent quand c'est une personne qui gère un projet qui lui tient à cœur. Mais je ne peux m'empêcher aussi de penser à ces débuts qui n'étaient pas très engageant. Donc je le conseille, car c'est une aventure qui vous marquera, mais vous devez être prêt à devoir limite subir certaines lourdeurs. Le jeu en vaut la chandelle, car c'est une aventure qui sort vraiment de son habillage premier pour nous délivrer une expérience plutôt unique.

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